Sélection Officielle Un Certain Regard
Vu le 20 mai 2026 à 11h00
Concourt pour la Caméra d’Or
Sortie en France prévue le 23 septembre 2026.
Pays d’origine du réalisateur : Népal
Durée = 1h43
Avec Priyanka Karki
Le film suit Pirati, matriarche d’une communauté Kinnar (femmes transgenres émasculées) vivant dans un village népalais isolé. Lors du rituel d’initiation, les nouvelles arrivantes prononcent un vœu d’obéissance avant d’être intronisées comme les « filles » de la matriarche.
La communauté est régie par de nombreuses règles, dont l’une impose le renoncement à toute relation sexuelle. Pirati enfreint pourtant cette interdiction, ce que Joon utilise comme prétexte pour contester son autorité et convoiter sa place à la tête du groupe.
Pirati se retrouve alors déchirée entre son désir de mener une vie plus libre avec l’homme qu’elle aime, un musicien du village voisin, et son devoir envers les Kinnar dont elle a la charge. Le village leur loue un local et entretient un rapport ambivalent avec elles : leurs bénédictions sont recherchées car réputées porte-bonheur, mais leur différence suscite aussi peur, rejet et rancœur. Certains habitants les accusent de corrompre les jeunes garçons.
Lorsque l’une des filles, Apsara, disparaît, Pirati se lance à sa recherche. Face à l’indifférence de la police, elle mène elle-même l’enquête et en vient progressivement à craindre le pire.
Les éléphants dans la Brume est, pour moi, une magnifique fable sur le rejet de la différence. On y savoure la plongée dans la culture et les cultes népalais, notamment à travers le rôle profondément symbolique des éléphants, utilisés avec une vraie finesse dramaturgique. La scène de conclusion est d’une beauté sidérante, à la fois poétique et bouleversante.
Ce long métrage dépaysant est un véritable bijou de cinéma, à la fois sensible, engagé et visuellement envoûtant. Il aurait toute sa place au palmarès d’Un Certain Regard, de la Queer Palm ou de la Caméra d’or et, à mes yeux, il pourrait même prétendre à tous à la fois. C’est exactement le genre de film qui a besoin du Festival de Cannes pour exister pleinement : il mérite cette caisse de résonance, pour toucher un large public et aider les spectateurs à dépasser leurs a priori sur une cinématographie trop peu connue.
Ma note : 17,5/20
