Vu le 18 mai 2026 à 18h00
Sélection officielle Cannes Classics
Concourt pour l’Œil d’Or
Documentaires sur le cinéma
Durée = 1h15
Nostalgia For The Future est commenté Charlotte Rampling. À travers une mosaïque de documents personnels, d’archives et de fragments de films, un archiviste tente de reconstituer la figure insaisissable de Chris Marker, ce réalisateur mystérieux souvent qualifié « d’auteur le plus célèbre de films inconnus ». Marker s’est aussi fait connaître en se cachant derrière des pseudonymes et images de chats.
En poursuivant son objectif, Nostalgia For The Future devient alors une réflexion stimulante sur l’archivage et la mémoire : pourquoi conserver, comment classer, que choisir de garder ? Il montre aussi que toute tentative de compression ou d’indexation de l’information implique des pertes et révèle les biais de celui qui organise les archives. Cette logique de classement, souvent opaque pour l’utilisateur mais évidente pour l’archiviste, façonne inévitablement la mémoire qui subsistera dans l’histoire.
L’ordinateur et la numérisation irriguent constamment le discours du film, mais les images appartiennent surtout à une autre époque, rarement au-delà des années 1990. C’est là que le projet paraît parfois daté. On aurait aimé que le réalisateur confronte davantage son propos aux enjeux contemporains des réseaux numériques et de l’intelligence artificielle, notamment aux systèmes d’apprentissage massif des modèles de langage qui reposent eux aussi sur des logiques d’archivage, de hiérarchisation et de sélection des données.
Au final, le documentaire demeure un essai riche, traversé de questionnements passionnants, mais qui laisse malgré tout une impression d’inachevé, comme si son regard sur le futur était resté partiellement tourné vers le passé.
Ma note : 11.5/20
