Sélection Officielle Cannes Première
Vu le 18 mai 2026 à 13h45
Pays d’origine du réalisateur : France
Durée = 1h40
Avec Antoine Reinartz, Daniel Auteuil, Luàna Bajrami, Grégory Gadebois
En août 1942, alors que le gouvernement de Vichy se fait le zélé relais de la politique nazie et organise une vaste rafle de Juifs étrangers, 108 enfants internés au camp de Vénissieux échappent in extremis à la déportation grâce à ténacité de quelques individus.
À Lyon, le jeune fonctionnaire Gilbert Lesage, chargé par le préfet de diriger une commission statuant sur le sort des personnes arrêtées, voit son Service social des étrangers relégué au second plan, mais continue de s’en servir comme levier pour infléchir les décisions. Autour de la table, aux côtés des représentants de l’administration et de la police, des membres d’œuvres chrétiennes et d’associations caritatives, comme le père Alexandre Glasberg, exploitent chaque faille, chaque zone grise de la procédure pour soustraire ces enfants au convoi qui les attend. Au fil de ces trois jours décisifs, alors que Vichy presse d’accélérer les déportations, le film montre avec une sobriété efficace comment une poignée d’hommes et de femmes, au cœur même du dispositif administratif, parviennent à transformer un camp de transit en lieu de sauvetage.
Sans effets de mise en scène ostentatoires mais avec une grande intensité émotionnelle, La Troisième Nuit restitue la tension de ces heures et offre quelques scènes d’une puissance poignante, qui en font à la fois un utile rappel historique et un très bon film.
Le thème, intrinsèquement chargé d’émotion, est traité sans effets de mise en scène ostentatoires mais avec une grande intensité émotionnelle, ce qui rend certaines scènes d’autant plus poignantes : regards échangés, décisions prises à la dernière minute, séparation des familles, départ des convois… Quelques séquences marquent durablement par leur intensité, sans pour autant tomber dans le pathos. La Troisième Nuit s’impose ainsi comme un film à la fois nécessaire pour comprendre cet épisode de l’histoire et très solide cinématographiquement.
Ma note = 16.5/20
