Sélection Officielle en Compétition
Vu le 13 mai à 15h00
Pays d’origine du réalisateur : Japon
Durée = 1h50
Avec Takako Matsu, Kenichi Matsuyama, Shizuka Ishibashi, Kawaguchi Waku, Kiyora
Fujiwara, Sawako Fujima, Ron Mizuma, Shin Seo-gye
Le film se déroule dans la campagne de Nagi, territoire paisible traversé pourtant par les détonations sourdes provenant d’une base militaire voisine. Yuri, architecte tokyoïte récemment divorcée, vient séjourner chez Yoriko, son ancienne belle-sœur devenue sculptrice. Ancienne modèle, elle accepte de poser pour elle, et ce qui devait être une simple parenthèse loin de la capitale prend progressivement la forme d’une retraite intérieure.
Au fil des séances de pose, les silences réveillent des souvenirs enfouis et font renaître entre les deux femmes une intimité ancienne, longtemps restée inexprimée. Portée par une empathie discrète, Yuri devient peu à peu la confidente involontaire des habitants du village, recueillant les blessures, frustrations et non-dits qui traversent cette petite communauté rurale. En parallèle, le film suit l’histoire plus fragile d’un adolescent, fils d’un ami de Yoriko, incapable de formuler le trouble qu’il ressent pour un garçon solitaire nommé Keita.
Fukada tisse ainsi un récit délicat autour des émotions empêchées, des désirs contenus et des identités qui peinent à trouver leur place dans un cadre social dominé par des normes masculines rigides. J’ai trouvé particulièrement ingénieux de retenir la création du portrait sculpté comme fil rouge du récit: couches successives, retouches, reprises, effacements. Le travail artistique devient alors une métaphore évidente des relations humaines et du lent processus de dévoilement intime. Comme dans
Fuchi Mi Tatsu Fukada Koji filme avec une sobriété très japonaise les sentiments tus, les fissures et tout ce que les personnages n’arrivent pas à dire. Son parti pris mélancolique freine l’ardeur des émotions qui marquent la mémoire des spectateurs. Mais j’ai tout de même passé un excellent moment.
Ma note =16/20
