Sélection Officielle en Compétition

Vu le 23 mai 2026 à 15h30

Pays d’origine du réalisateur : Roumanie

Durée = 2h26

Avec Sebastian Stan, Renate Reinsve, Alin Panc…

Mihai et Lisbet Gheorghiu, un couple pentecôtiste roumano‑norvégien très croyant, quittent la Roumanie pour la Norvège avec leurs cinq enfants après le décès des parents de Mihai, afin de se rapprocher de la famille de Lisbet. Ils s’installent dans un village isolé au bout d’un fjord et se lient d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent très proches, malgré des éducations différentes.

Les Gheorghiu élèvent leurs enfants selon une stricte tradition pentecôtiste : pas de télévision, pas de téléphone portable ni de console de jeux, et une conception du mariage limitée à l’union entre un homme et une femme. Lors d’un cours de sport, leur fille aînée Elia se présente à l’école avec des bleus sur le corps. Pourraient-ils être les signes visibles de châtiments corporels ? Le corps enseignant et la communauté redoutent que l’éducation rigoureuse de la famille Gheorghiu ne s’accompagnent de brimades physiques.

En Norvège, toute fessée ou châtiment corporel infligé à un enfant est assimilé à de la maltraitance et peut conduire à une peine de prison. Lorsque les services de protection de l’enfance interviennent, ils prennent des mesures préventives après que les enfants ont laissé entendre, avec leurs mots, qu’ils auraient déjà subi des violences physiques.

Le film met à l’écran la difficulté de concilier les lois de la République les plus progressistes avec les croyances et dogmes religieux. Le procès des parents met particulièrement bien en évidence l’hésitation entre ces deux échelles de valeurs. J’avais déjà beaucoup aimé la nouvelle cinématographie roumaine, inaugurée à Cannes en 2005 avec La Mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu. La mise en scène de Cristian Mungiu en reprend les codes. Lui aussi est maître dans l’art de confronter les méandres administratifs aux contingences quotidiennes, tout en créant une distance entre la caméra et l’action, comme s’il s’agissait d’un regard extérieur. L’intrigue se déroule sous nos yeux sans précipitation, mais progresse en instillant une vraie tension nerveuse. Superbe !

ma note : 18/20

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