Sélection Officielle en Compétition
Vu le 21 mai 2026 à 8h30
Pays d’origine du réalisateur : Etats-Unis
Durée = 1h35
Avec Rami Malek, Rebecca Hall, Ebon Moss-Bachrach
La scène se passe à New York, à la fin des années 1980. La ville de New York étouffe et brûle à la fois, entre l’effervescence artistique et l’ombre grandissante du sida. Jimmy George, figure magnétique de la scène théâtrale underground, partage sa vie avec un compagnon d’une douceur rare, attentif à chaque souffle qui lui reste. Mais Jimmy sait que le temps lui échappe. Le sida, déjà à un stade avancé, a inscrit en lui une échéance inévitable.
Jimmy prépare une nouvelle pièce de théâtre. Il répète, chante, performe, comme si la scène pouvait suspendre la mort quelques instants. Dans son immeuble arrive alors un nouveau voisin : Vincent, un beau rouquin mystérieux installé à l’étage inférieur. Très vite, Vincent se montre fasciné par Jimmy, par son aura fatiguée mais toujours flamboyante.
Entre eux naît une tension délicate, presque suspendue. Jimmy voudrait succomber à cette attraction, retrouver l’élan du désir, mais il reste prisonnier de la conscience aiguë de sa propre finitude. Comment s’abandonner à une histoire quand le corps lui-même annonce déjà la sortie ?
Alors Jimmy continue de dériver dans les nuits gays new-yorkaises, entre clubs, lumières artificielles et rencontres fugaces, comme pour retenir encore un peu la sensation d’exister pleinement.
Le film propose de beaux moments mais il laisse aussi l’impression de rester en surface là où il aurait pu bouleverser davantage. Certaines scènes semblent annoncer une intensité émotionnelle qui n’arrive jamais complètement à éclore. Difficile, en regardant ce portrait d’une génération frappée par le sida, de ne pas penser à 120 Battements Par Minute de Robin Campillo, dont la puissance politique et émotionnelle emportait tout sur son passage. Ici, l’émotion demeure plus diffuse, plus retenue, parfois au risque de ne jamais totalement exploser à l’écran.
Ma note = 16/20
