Sélection officielle hors compétition, Cannes Classics
Vu le 21 mai 2026 à 16h30
Pays d’origine des réalisateurs : France
Durée = 1h36
C’est l’histoire de deux hommes que tout semble rapprocher : un humoriste devenu phénomène populaire et un journaliste curieux de son époque. Entre eux naît une amitié sincère, faite de complicité, d’excès et de liberté. Le documentaire raconte ainsi Coluche à travers le regard de son ami Michel Denisot.
Ceux qui connaissent déjà bien Coluche n’y découvriront sans doute pas de révélations majeures, mais le film a le mérite de remettre en lumière certains moments importants de son parcours. On y voit notamment comment Canal+, alors en difficulté pour attirer des abonnés à ses débuts, identifie très tôt Coluche comme la figure capable d’incarner l’esprit irrévérencieux de la chaîne. Sachant son goût pour les spectacles de stock-cars, les dirigeants utilisent cette passion pour l’approcher et parvenir à le recruter. Le pari sera gagnant : le faux journal de Coluche participera largement au succès naissant de Canal+.
Le documentaire revient également sur une période plus sombre de sa vie : sa dépendance à l’héroïne, utilisée comme échappatoire après sa séparation avec sa femme. Derrière le provocateur et le clown apparaissent alors les fragilités d’un homme profondément malheureux. C’est le moment où il crève l’écran dans Tchao Pantin, de Claude Berri.
Mais Coluche, c’était aussi un engagement social et politique sincère. Le film rappelle sa participation aux événements fondateurs de SOS Racisme et bien sûr la création des Restos du Cœur, dont l’action perdure encore aujourd’hui. L’un des témoignages les plus touchants est celui de Soprano, qui raconte avoir bénéficié enfant des Restos du Cœur, chargé d’aller récupérer les cageots de nourriture pour sa famille. Devenu artiste à succès, il explique à quel point il lui semble naturel aujourd’hui de rendre ce qu’il a reçu, en poursuivant à sa manière l’élan initié par Coluche.
Enfin, le documentaire revient avec précision sur l’accident de moto survenu près de Grasse en 1986, qui coûta la vie à l’humoriste. Un semi-remorque aurait coupé la petite route de montagne au moment où Coluche arrivait à moto. La mort fut instantanée. La France entière sembla alors frappée de stupeur, et ses obsèques donnèrent lieu à une émotion populaire immense.
Et puis il reste ses phrases, son insolence, cette manière unique de mêler humour et critique sociale. Impossible de ne pas sourire encore aujourd’hui à cette réplique :
« Je remercie cet auditeur qui m’a envoyé cette boîte de caviar pour les Restos du cœur de Neuilly. »
Ma note = 14/20
