Sélection de la Semaine de la Critique en compétition
Vu le 18 mai 2026 à 8h30
Concourt pour la Caméra d’Or
Pays d’origine du réalisateur : Yémen
Durée : 1h52
Avec Al-Mulaiki Manal, Mohammed Abeer, Khaled Rashad, Saleh Al-marshahi
La scène se passe au Yémen, en pleine guerre civile, dans une station service. Dirigée par Layal, le lieu est réservé aux femmes, un lieu à part où les règles sont strictes : pas d’hommes, pas d’armes, pas de politique. Dans ce pays ravagé par les conflits entre factions armées, où de très jeunes garçons sont enrôlés et endoctrinés pour devenir combattants, cette station apparaît comme un fragile refuge suspendu au milieu du chaos. Mais le carburant se fait rare, et l’équilibre précaire du quotidien menace sans cesse de s’effondrer.
Lorsque le jeune frère de Layal est sur le point d’être mobilisé de force (à 12 ans, l’enfance touche déjà à sa fin), elle n’a d’autre choix que de reprendre contact avec sa sœur, dont elle s’était éloignée. Les deux femmes entreprennent de réunir l’argent nécessaire pour payer la taxe qui évitera au ped’être de porter le treillis et d’être envoyé en première ligne, où beaucoup deviennent des martyrs anonymes.
Rarement représenté au Festival de Cannes, le Yémen trouve ici une fenêtre sensible sur sa réalité sociale et culturelle, teintée de conservatisme très marqué. The Station séduit par la justesse de ses interprètes souvent non professionnelles et par son immersion dans un pays meurtri. Pourtant, malgré la force de son sujet, le film peine parfois à atteindre l’intensité émotionnelle qui fait les grandes œuvres.
Ma note = 14/20
