Alors que l’édition 2023 du Festival de Cannes se referme, mon blog se termine avec un article sur la Palme d’Or, attribuée au superbe Anatomie d’une Chute de Justine Triet, après 52 séances riches en films d’actions, en films policiers, en comédies dramatiques, en fictions militantes, en documentaires, en films d’horreur ou de science-fiction. Tous les genres étaient représentés cette année. Dans les 52 séances, j’ai vu et commenté 27 courts métrages et 46 longs métrages. En moyenne, les longs métrages étaient sensiblement plus longs que ceux de l’année passée où la pandémie avait peut-être contraint quelques budgets, ce qui a eu pour conséquence de densifier l’organisation de mon agenda.

Comme l’année dernière, et sous réserve que l’échantillonnage que j’ai pu faire au hasard des possibilités de la billetterie soit représentatif, j’ai constaté une représentation particulièrement marquée des sujets liés à la féminité dans tous les contextes (13 films sur 46 ont une variation sur ce thème). C’est sans doute le résultat de la part croissante laissée aux cinéastes femmes, et c’est tant mieux. Cette année, j’ai été chanceux puisque, sans vraiment le décider, j’ai pu visionner une très grande partie des films primés, toutes sélections confondues. Mes notes sont donc peut-être injustement dures par rapport aux films des éditions précédentes du Festival, parce que toujours comparatives par rapport à l’ensemble des films que je vois, les premiers films servant de référence pour les comparaisons ultérieures.

Dans les films de la sélection officielle en compétition
J’ai eu la chance d’assister à la projection de 11 films sur les 21 de la sélection reine. Dans cet ensemble, je confirme que la Palme d’Or dépasse les autres, que Kaibutsu / Monster de Kore-Eda Hirokazu fait honneur à son prix du scénario et à la Queer Palm, que The Zone Of Interest de Jonathan Glazer mérite ses prix techniques tout en recommandant à tous mes lecteurs de courir voir Wannseekonferenz de Matti Geschonneck pour ne pas se fourvoyer sur l’originalité de The Zone Of Interest

Je recommande aussi Kuolleet Lehdet / Les Feuilles Mortes de Aki Kaurismaki pour sa légèreté enthousiasmante et le film de Kaouther Ben Hania Les Filles d’Olfa, oublié par le jury principal mais primé plusieurs fois par d’autres, en particulier à l’Œil d’Or.

Dans la sélection Un Certain Regard
J’ai vu 14 films sur 20 programmés dans cette sélection. Ma première pensée va au très beau Le Règne Animal de Thomas Cailley, absent du palmarès mais dont je prédis un grand succès en salle. Il laisse ainsi la place au palmarès à d’autres films qui avaient sans doute davantage besoin d’aide pour leur promotion que thomas Cailley. Dans mon top 4 de la sélection Un Certain Regard, il y a le Grand Prix Un Certain Regard et le prix Liberté Un Certain Regard, décernés à How To Have Sex de Molly Manning Walker et Goodbye Julia de Mohamed Kordofani, respectivement. Je suis satisfait de voir que le jury Un Certain Regard a partagé les mêmes émotions que moi et singularisé ces deux petits bijoux.

Dans la sélection de la Semaine de la Critique
La sélection 2023 de la Semaine de la Critique était à la fois très électique et très homogène, au point que tous les films de la sélection ont été distingués par un prix, sauf le très classique film d’horreur Sleep / Jam de Jason Yu. Dans cette sélection, j’ai vu voir la totalité des 7 longs métrages en compétition. J’ai personnellement préféré Levante / Power Alley de Lillah Halla prix Fipresci de la Critique internationale mais j’ai aussi été sensible à l’énergie féministe de Tiger stripes de Amanda Nell Eu, Grand Prix de la Semaine de la Critique

Dans la sélection de la Quinzaine des Cinéastes
Dans ce blog, la Quinzaine des Cinéastes n’a pas la place qu’elle pourrait mériter à cause de sa politique de billetterie, unique à Cannes, qui donne priorités aux public payant, au détriment du public avec badges. Dans les dernières jours, tandis que leurs salles avaient de plus en plus de mal pour se remplir, les organisateurs se sont mis au diapason des autres sélections en créant une file dernière minute, qui m’a permis de finalement voir 4 films de cette sélection. Le plus remarquable d’entre eux était sans conteste le film d’ouverture, le très bien reconstitué Le Procès Goldman / The Goldman Case de Cédric Kahn

Parmi les 28 courts-métrages que j’ai vus,
Je retiendrai les trois films primés de la CINEF, qui étaient tous les trois très réussis sur des thèmes extrêmement différents : Norwegian Offspring de Marlene Emilie Lyngstad, Hole de Hwang Hyei, Ayyur / Lune de Zineb Wakrim.
Par comparaison, les courts métrages primés de la compétition officielle m’ont laissé de marbre.

L’édition 2023 du Festival de Cannes est terminée. Vivement l’édition 2024 !

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