Durée = 1H26
Avec Jhojan Estiven Jimenez, Maicol Andrés Jimenez, Miguel Viera, Diego Rincon
Concourt pour la Caméra d'Or

Le film se déroule dans le milieu hostile de la forêt colombienne. Eliú est incarcéré dans un camp de détention pour mineurs après une condamnation pour assassinat commis avec son ami El Mono. Les délinquants y sont soumis à des travaux physiques éreintants, des thérapies de groupe supposées les aider à se reconstruire. Tandis qu'Eliú tente de se projeter vers un autre futur, El Mono est admis dans le camp, tel un grain de sable dans un rouage pas encore stabilisé.
L'introduction laisse une impression de moyens de tournage limités, qui se dissipe ensuite. L'intrigue est intéressante mais certains rebondissements critiques sont traités trop rapidement. L'ouverture non manichéenne apportée dans les scènes finales est, en revanche, réussie.
Ma note = 14/20
11h00 Fomingo y la Niebla/Domingo et la Brume de Ariel Escalante Meza (Un Certain Regard, Costa Rica) Durée = 1H32
Avec Carlos Ureña, Sylvia Sossa, Esteban Brenes Serrano, Aris Vindas
Domingo habite dans les montagnes du Costa Rica. Sa maison comme d'autres aux environs est menacée de destruction par la construction d'une autoroute. L'entreprise chargée d'organiser les expulsions ne pratique pas que le dédommagement. Intimidation et menaces font aussi partie de ses outils. Mais Domingo résiste à toutes les avances. Il craint que la fantôme de sa femme, qui lui rend régulièrement visite, ne trouve plus le chemin de son domicile.
Andrés Ramirez Pulido est habile pour suggérer plus que montrer et en particulier faire grimper la tension nerveuse du spectateur. Il obtient des effets spéciaux avec des bouts de ficelle « à l'ancienne ». Les effets visuels et sonores fonctionnent bien. Domingo et la Brume est une œuvre onirique, entre thriller et fantastique. Le résultat est singulier mais d'une belle unité. Attention, ceux qui recherchent principalement du divertissement pourraient être déçus. Mais c'est un long métrage qui devrait plaire aux cinéphiles.
Ma note = 15/20
14h00 Mediterranean Fever de Maha Haj (Un Certain Regard, Palestine)
Durée = 1h48
Avec Ashraf Farah, Anat Hadid, Samir Elias, Cynthia Saleem, Shaden Kandoura, Amer Hlehel

À Haïfa, Walid, 40 ans, habite avec sa femme et ses deux enfants. Quand l'inspiration et la motivation sont là, il écrit des romans. Il souffre de profonde dépression. Il fait connaissance avec son nouveau voisin, Jalal, au comportement délictueux manifeste. Jalal est persuadé d'aider l'écrivain en lui montrant ses combines. Walid, quant à lui, y voit l'opportunité de concrétiser un besoin...
J'ai failli m'assoupir dans la première moitié de Mediterranean Fever, ne comprenant pas bien où la réalisatrice nous emmenait. Puis vint la révélation qui éclaire la démarche des deux protagonistes. Je dois reconnaître qu'elle m'a déroutée. Je ne saurais dire si c'est le personnage ou l'interprète de Walid qui ne m'a pas convaincu, mais toute la proposition du film était alors malmenée.
Ma note = 12/20
17h00 Butterfly Vision / Bachennya Metelyka de Maksym Nakonechnyi (Un Certain Regard, Ukraine) Durée = 1h47
Avec Rita Burkovska, Liubomyr Valivots, Natalya Vorozhbit, Daria Lorenci
Concourt pour la Caméra d'Or
Lila est femme soldat, spécialisée en reconnaissance par drone. Elle est capturée alors qu'elle était en opération dans la guerre au Dombass. On la retrouve libérée après plusieurs mois de détention lors d'un échange de prisonniers. Le film retrace sa difficile réadaptation à la vie civile, perturbée par des visions qui rejaillissent comme conséquences d'un syndrome post traumatique. Des examens médicaux l'informent qu'elle est enceinte de son geôlier, qui l'a violée...
Butterfly Vision traite moins de la guerre que de la condition particulière des femmes soldats. Le film a été tourné en 2020 et mérite sa place au Festival de Cannes pour ses qualités cinématographiques au-delà de l'actualité en Ukraine, même si ce n'est pas mon favori. Maksym Nakonechnyi laisse une distance entre ses personnages et les spectateurs qui freine mon enthousiasme. L'émotion reste contenue.
Ma note = 13.5/20
19h30 The Vagabonds de Doroteya Droumeva (séance spéciale, Allemagne) Durée = 1H29
Avec Shirly Lev, Magnus Mariuson, Jonathan Elias Weiske Concourt pour la Caméra d'Or
Le film a été projeté à Cannes 2022 en récompense de la présélection du projet cinématographique par la Cinéfondation.
Une femme de 38 ans affiche sa préférence pour des jeunes hommes d'une vingtaine d'années, à rebours des préjugés.
The Vagabonds est une récitation du scénario du film érotique typique des années 70, dans le même ordre (voyeurisme, fétichisme, échangisme, sexe à trois, sexe lesbien, sexe gay, sexe en groupe). Toutes les scènes sont soft. Le fait qu'elles soient inspirées par les fantasmes féminins, en remplacement des standards masculins n'a que peu d'impact. Les interprètes sont eux-mêmes assez moyens mais ils ne sont pas aidés par la superficialité des dialogues. Le tout se déroule sur une musique de supermarché. Vite vu, vite oublié.
Ma note = 6/20






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