Enzo de Laurent Cantet et Robin Campillo
Sélection Quinzaine des Cinéastes
Vu le 14 mai 2025 à 8h45
Pays d’origine des réalisateurs : France et Maroc
Durée = 1h42
Avec Eloy Pohu, Pierfrancesco Favino, Élodie Bouchez, Maksym Slivinskyi
Enzo, 16 ans, vit chez des parents et son frère dans une magnifique villa à la Ciotat avec vue sur la mer. Ses parents mènent une vie bourgeoise de cadres avec des revenus confortables. Lui n’a jamais aimé l’école, n’a pas de copines, s’interroge sur ce que la société attend de lui. Contre l’avis de ses parents, Il a choisi un métier manuel et physique en s’orientant vers l’apprentissage en maçonnerie. Sur les chantiers, il découvre la camaraderie. Il est particulièrement fasciné et troublé par son maître de stage, Vlad, un jeune Ukrainien de 24 ans en attente de départ à la guerre.
Selon les codes traditionnels du cinéma, l’auteur et le réalisateur ne font qu’un, même s’il s’agit d’un duo. Enzo fait exception. Le générique indique que le film est « de Laurent Cantet » mais réalisé « par Robin Campillo », à cause du récent décès de Laurent Cantet dont c’est le dernier film.
L’œuvre trace le portrait d’un adolescent « compliqué » selon le qualificatif employé par son père, tourmenté et mal dans sa peau, davantage capable de définir ses repoussoirs que ses envies. « Enzo veut se cogner au réel » résumait Robin Campillo pendant la session de questions réponses. Dans ce long métrage, on ne retrouve pas tout le naturel des lycéens d’Entre les Murs, mais pour la défense des deux metteurs en scène, l’écran noir se prête plus facilement aux portraits de personnages entiers que de personnages hésitants, en quête d’une identité. L’ensemble est tout de même très plaisant à regarder, jusqu’à la scène de conclusion, simple mais réussie.
Ma note = 14/20
