Anora de Sean Baker

Vu le Dimanche 26 mai 2024 à 14h00

Sélection officielle, en compétition

Pays d’origine du réalisateur : États-Unis

Durée = 2h18

Avec Mikey Madison, Yuriy Borisov, Mark Eydelshteyn

Anora, surnommée Ani, 23 ans, gagne sa vie en s’effeuillant dans un bar à hôtesse de Brooklyn. Elle est la seule russophone du bar. C’est donc naturellement vers elle qu’Yvan, 21 ans, fils d’un oligarque russe, se tourne pour passer un bon moment accompagné. Fantasque et dépensier, il en devient un client régulier, jusqu‘à la réserver pour une semaine complète. Il l’invite chez lui dans un luxueux appartement où il organise des fêtes grandioses avec son groupe d’amis, entre deux parties de jeux vidéos. Sur un coup de tête, ils s’envolent tous vers Las Vegas, où ils font le tour des casinos. Mais Yvan doit bientôt retourner en Russie. S’il se mariait avec Ani, il deviendrait Américain et pourrait renoncer à ces obligations… Sa famille serait mécontente, mais Yvan est maintenant un adulte, non?

Il était une fois un conte de fée trop beau pour être vrai qui se fracasse sur l’immaturité du prétendant. À l’heure où j’écris ces lignes, le jury a choisi de décerner la Palme d’Or au film de Sean Baker. Il lui manque quelques mérites qui le classeraient avec évidence au-dessus des autres films de la compétition 2024 (très homogène finalement), comme Anatomie d’une Chute a pu en avoir en 2023, mais il a incontestablement un petit quelque chose en plus. Cette œuvre se distingue par ses moments d’intensité dramatique, qui pourraient faire école et devenir cultes : des moments jouissifs après lesquels on se surprend à sourire à ses voisins de salle, tous étonnés d’avoir été embarqués dans un déluge d’adrénaline, comme à la sortie d’un manège à sensation ; des moments de grand cinéma, qui s’intègrent dans une intrigue assez bien équilibrée, où la cohérence des personnages n’est pas prise en défaut. La dernière séquence du film s’annonçait comme la possible scène de trop mais un retournement surprise en fait un autre bijou de mise en scène et une admirable conclusion.

Il est important de préciser que personne parmi le public exigeant et non cinéphile de la ville de Cannes n’est sorti en cours de projection. Leur accueil a rarement été aussi positif aux projections des Palmes d’Or des année passées (à l’exception notable de 2023), et cela augure d’une grande carrière en salle pour Anora.

Ma note = 18/20

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