Depuis la mise en place la billetterie en ligne, rendue obligatoire par l’épidémie de COVID et pérennisée ensuite, la connexion à internet est devenue la porte d’entrée de l’accès au festival… ou de sa sortie.

Tous les accès sont désormais virtualisés pour le meilleur et pour le pire. Certains retraités moins à l’aise avec les nouvelles technologies ou tout simplement moins rapides, ont été poussés à d’autres activités. Je passe sur les problèmes de mot de passe, les mises à jour logicielles intempestives et le stress qui monte en cours de journée quand le niveau de batterie s’amenuise, même avec un smartphone dernier modèle, tant l’usage est intensif. Les files d’attentes sont régulièrement bloquées par un festivalier qui se parvient pas à sortir le QR code de son téléphone ou élever le niveau de contraste de son écran en plein soleil pour que les pistolets puissent le lire. Quand la lumière s’éteint, les projections sont perturbées par l’éclairage de mobiles et le doigté frénétique et répété des chercheurs de places au grand dam des voisins. Alors quand un grand opérateur Français annonce des difficultés techniques sur Cannes après une inondation le 15 mai dernier, on peut facilement imaginer les dérèglements en cascade qui en découlent. Au moins quand le lecteur de carte bleue est dysfonctionnel, on peut payer en liquide…

Et puis, le festivalier a l’impression qu’il n’est plus seul maître de sa programmation quotidienne. Il peut choisir le meilleur modèle de téléphone, configurer le meilleur browser pour gagner les précieuses secondes qui font la différence à l’heure précise d’ouverture des réservations. S’il accède au site depuis chez lui, il sera plus ou moins à la même enseigne que les autres chercheurs de places (sur fibre ou ADSL). En revanche, le destin du festivalier sans fil dépend de la couverture de l’infrastructure mobile, donc des choix de son opérateur, qui aura plus ou moins investi pour maîtriser la congestion dans les situations d’affluence très inhabituelles.

Au théâtre Debussy du Palais, les connections sont souvent surchargées aux heures de pointe, donc adieu les réservations. Aux projections de la Quinzaine des Cinéastes au théâtre Croisette, les client Bouygues n’auront pas de connexion alors que ceux d’Orange seront confortablement servis. La situation est inversée lors des projections d’ACID au cinéma les Arcades. Les clients d’Orange perdront tout chance de gagner les dernière invitations mises en ligne.

Quand on se souvient qu’il faut entre une à deux minutes pour que la totalité des places soient réservées après l’ouverture des serveurs, on comprend le désarroi des festivaliers qui se retrouvent avec une journée blanche s’ils ont tiré le mauvais numéro.

  • Dernière modification de la publication :20 mai 2024
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