Durée = 1h46
Avec Fionn Whitehead, Leyna Bloom, McCaul Lombardi
Concourt pour la Caméra d'Or

Paul, 20 ans, est blanc. Wye est noire. Leurs regards se sont croisés à la sortie de la gare routière de New York. Il est en liberté conditionnelle et a prévu de rejoindre sa demi-s½ur. Quand celle-ci lui annonce qu'elle ne peut l'héberger, il n'a d'autre solution que de rejoindre un centre pour SDF en échange de travaux de déménagement. Wye vit, elle, en co-location avec un groupe de danseurs. Paul est fasciné par sa beauté et sa personnalité. Quand il apprend qu'elle est transsexuelle, il est confronté à sa propre identité.
Qu'il est plaisant de regarder un film américain qui évite les raccourcis du storytelling hollywoodien et le codes rebelles du cinéma indépendant ! Danielle Lessovitz porte à l'écran une histoire d'amour non conventionnelle, avec finesse, laissant de côté la facilité des poncifs et les excès trop souvent vus auparavant lorsque ces thèmes sont traités. Même le rebondissement final, qu'on attend depuis le début de l'intrigue, a un dénouement inattendu. Port Authority fut une excellence surprise.
Ma note = 15,5/20
11h30 Oleg de Juris Kursietis (Quinzaine des Réalisateurs, Lettonie / Belgique)
Durée = 1h24
Avec Valentin Novopolskij, Dawid Ogronik

D'origine lettonne, Oleg est originaire de Riga. Séduit par l'eldorado de l'Union Européenne, il accepte un travail dans une boucherie industrielle en Belgique. Quand il perd ce travail, il devient travailleur clandestin. Il se fait aider par un Polonais qui héberge déjà d'autres immigrés dans des situations comparables. Le piège se referme.
Oleg met en scène la descente aux enfers d'un ouvrier immigré sous le joug d'un esclavagiste moderne. La montée de l'angoisse est très bien restituée. Dommage que la fin soit un peu plate. Il n'est pas si fréquent d'avoir un aperçu de la cinématographie lettone et Oleg démontre qu'elle mérite qu'on s'y intéresse. J'ai passé un bon moment.
Ma note = 13,5/20
14h00 Jeanne / Joan of Arc de Bruno Dumont (Un Certain Regard, France)
Durée = 2h17
Avec Lise Leplat Prudhomme

Ce long métrage raconte les deux dernières années de la vie de Jeanne d'Arc. Après avoir aidé Charles VII à reprendre le trône de France, Jeanne entreprend la reconquête de Paris. C'est sa première grande défaite. Capturée par les Bourguignons, elle est livrée aux Anglais qui organisent un procès en sorcellerie. Elle refuse se renier ses actes et sa foi.
Je ne sais que penser de la mise scène de Bruno Dumont, dont je n'ai pas été un grand fan par le passé. Les premières scènes montrant des interprètes incertains au regard fuyant, à la diction marquée m'ont laissé perplexe. Mais peu à peu, je me suis pris au jeu. Le procès m'est apparu très réussi. La narration est atypique, entrecoupée de chansons originales de Christophe, qui servent de raccourcis à des plans qui auraient nécessité beaucoup de temps d'écran et de gros moyens. Au final, Jeanne est sans doute le meilleur film de Dumont que j'ai eu l'occasion de voir (en particulier parmi ceux décrits dans ce blog).
Ma note =14/20
17h00 Liberté de Albert Serra (Un Certain Regard, Espagne / France) Durée = 2h00
Avec Helmut Berger, Marc Susini, Baptiste Pinteaux
Je reproduis le synopsis de la production, parce qu'il en dit plus que ce qu'on peut comprendre à l'écran
« Madame de Dumeval, le Duc de Tesis et le Duc de Wand, libertins expulsés de la cour puritaine de Louis XVI, recherchent l'appui du légendaire Duc de Walchen, séducteur et libre penseur allemand, esseulé dans un pays où règnent hypocrisie et fausse vertu. Leur mission : exporter en Allemagne le libertinage, philosophie des Lumières fondée sur le rejet de la morale et de l'autorité, mais aussi, et surtout, retrouver un lieu sûr où poursuivre leurs jeux dévoyés. Les novices du couvent voisin se laisseront-elles entraîner dans cette nuit folle où la recherche du plaisir n'obéit plus à d'autres lois que celles que dictent les désirs inassouvis ? »
Albert Serra propose un film sulfureux qui montre des parties fines (orgies sexuelles) au milieu des bois, dans la pénombre de la nuit.
J'espère que le Ministre de la culture espagnol présent dans la salle savait ce qu'il venait voir ! Liberté n'est évidemment pas un film compatible avec les créneaux télévisuels de grande écoute. Il ne recherche d'ailleurs pas le consensus. Bien au contraire, il encourage à la créativité des expériences excitantes, jusqu'à ce qu'il donne l'impression de se répéter, parce que la liste des pratiques en ...ismes n'est pas infinie.
Ma note = 9/20






Share